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Passion repassage

passion repassage

Je déteste repasser. De toutes les tâches ménagères, c’est celle que je déteste faire le plus. Pour moi, repasser implique de monter au grenier, de m’enfermer dans une pièce exiguë et sans lumière et de passer souvent plus d’une heure à cet endroit. Le pire dans le repassage c’est que lorsque tu as terminé, tu as toujours une nouvelle machine qui tourne et donc, à nouveau du repassage qui t’attendras demain. Un puit sans fin, toujours.

Pourtant, lorsqu’une fois par mois environ je parviens à m’astreindre à cette tâche, il se produit plusieurs événements que j’aimerais te raconter.

Tout d’abord, avant de pouvoir m’y mettre il m’aura fallu, plusieurs semaines auparavant, ressentir un goût d’inachevé. Par exemple, quand j’ai terminé tout mon ménage et que je devrais être heureuse, et me réjouir de l’avoir fait. Que je devrais me poser sur mon canapé, fière du travail accompli, à l’affût du dernier brin de poussière. En fait, non, je ne profite pas de cet instant de réjouissance, car un monticule est là au dernier étage et n’attends plus que moi. Ce monticule vient s’inviter là et gâche tout mon plaisir du travail accompli.

Mais à un moment, c’est LE moment. Et le simple fait de s’y mettre est une véritable jouissance. Lorsque je réussis à trouver en moi la motivation. Lorsque enfin, je décide de m’attaquer à ce tas béant de linge propre (ou plutôt parce que les placards des filles sont totalement vides), je ressens une force inouïe m’envahir, c’est comme si j’allais courir un marathon, la motivation est à son top niveau, et je n’ai qu’un seul objectif en tête : en finir complètement avec ce tas.

Puis, je m’y met, avec méthode pour ne pas perdre de temps, aller au plus rapide, au plus efficace. D’abord je plie tout ce qui peut l’être, je met les tee-shirts à l’endroit et je trie tout ce qui doit se repasser. Je garde à l’esprit mon seul objectif : terminer au plus vite.

Mais vient un moment où je lâche prise sur l’objectif, les tee-shirts défilent, les chemises  passent entre mes doigts agiles et mon esprit vagabonde, je rentre presque dans un état méditatif, je suis là, ici, et maintenant dans cette pièce en train d’accomplir un exploit personnel, je me sens tellement fière …. S’est souvent à cet instant même que je me dis que ce n’est vraiment pas si sorcier de s’y mettre, que s’est quand même simple et que si j’étais plus régulière, j’y passerais tellement moins de temps ! Culpabilité ! Alors, je décide qu’à partir d’aujourd’hui, je m’attellerai à cette tâche tous les mardis soir ! S’est décidé, je serai plus régulière et mon tas n’aurai plus jamais le temps de se transformer en montagne, et je serai fière tous les mardis de l’avoir fait.

Mais voilà que le mardi suivant arrive et que je suis trop fatigué pour m’y mettre et que je regarde le petit tas qui … deviendra grand… inexorablement.

Voici, avec cet exemple, comment la procrastination se manifeste chez moi !
Tout d’abord, il y a la procrastination en tant que telle. Celle où je recule le moment de passer à l’action. Puis vient le temps, où je ne peux plus faire autrement (au risque d’envoyer mes enfants nues à l’école !!). Enfin, il y a le moment où je fais et où je me sens comme une guerrière. Puis l’instant d’après, plein de culpabilité et de remords de ne pas l’avoir fait plus tôt. Et pour finir, la bonne résolution, pleine de bon sens, et de bonnes intentions. Mais vient aussi le temps où le cercle recommence.

Et vous, dans quel domaine de votre vie, le cercle procrastinateur se manifeste-il ?

2 thoughts on “Passion repassage

    1. Merci beaucoup chère JulieS . Merci pour ton message qui est le premier commentaire de ce blog ( j’espère pas le dernier 😉) et pour ton compliment qui me touche tout droit au coeur.

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