Billets d'humeur

Billet d’humeur : le glyphosate et notre ministre de l’agriculture

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Sur ce blog, vous le savez, je souhaite vous parler surtout de bonheur et des moyens d’y parvenir, mais là ce matin, j’étais triste. J’étais triste en écoutant la radio (l’émission est à écouter ici) en me disant que nos politiques n’ont pas encore compris dans quel monde on vit aujourd’hui. Je ne suis pas du tout une analyste politique, je n’y connais pas grand-chose ni en politique ni en agriculture mais aujourd’hui j’avais envie de réagir avec mon cœur, et ma naïveté.

Pénurie de beurre ? Vraiment ?

Ce matin sur la matinale de France Inter, l’animateur Nicolas Demorrand recevait le ministre de l’agriculture qui s’est exprimé au sujet de la pénurie de beurre dans les magasins. Il expliquait que les vaches produisent moins de lait en été et que la demande des pays comme la Chine ou les Etats-Unis est forte. Comme les chinois et les américains sont prêt à payer plus cher notre lait, eh beh, ici on a plus de beurre. Mais y a un truc que je ne comprends pas. La pénurie, elle concerne le beurre uniquement. Pas la crème fraîche, pas le lait tout court, non, seulement le beurre ! Mais pourquoi si il y a moins de lait l’été cela crée-il une pénurie sur le beurre. Il y aurait il des vaches à beurre, des vaches à crème fraîche, des vaches à lait tout court ??

Le glyphosate et ses effets sur les sols

Après, il y une auditrice, une maraîchère Bio qui est intervenue, elle était indignée qu’on puisse être ministre de l’agriculture et tenir des propos aussi laxiste sur le glyphosate, sur ces dangers pour les agriculteurs et pour les consommateurs. Elle expliquait qu’elle avait adapté sa production et ses méthodes commerciales pour être en phase avec ses idées et qu’elle était très heureuse de cela.

La ministre lui a répondu qu’il ne fallait pas opposer les modèles d’agriculture mais qu’il fallait les comprendre et les adapter.

Juste avant dans une magnifique revue de presse, le journaliste a parlé d’un article paru dans LE MONDE qui expliquait qu’on pouvait travailler sans pesticide, en modifiant sa manière de produire, sa manière d’irriguer, et de travailler la terre. Le tout sans forcément réduire sa productivité et sa rentabilité.
Le ministre, lui, expliquait que pour pouvoir réduire puis interdire l’usage du glyphosate il fallait développer la recherche et le développement. En gros pour trouver une autre molécule plus écologique pour remplacer le glyphosate.

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Mais visiblement, cette molécule n’existe pas. Mais en fait, si, il suffit de changer sa manière de produire et d’exercer son métier d’agriculteur pour pouvoir se passer sans problème du glyphosate, quel est intérêt de rechercher un produit qui permettra de remplacer le glyphosate ? En plus, on n’est même pas sûr que dans 20 ans on découvre que ce produit de remplacement est, en fait,  encore plus toxique que le round up !!

Le glyphosate a des effets neurotoxiques avérés

Ensuite, il y a un médecin a parlé en disant qu’il avait 2 jeunes patients agriculteurs atteint de maladies neurologiques (notamment Parkison) est qu’il était avéré pour ces 2 patients que la maladie était dû à la neurotoxicité des glyphosates. Le médecin expliquait que la neurotoxicité du glyphosate était avérée. Et ce à quoi le ministre de l’agriculture a répondu, qu’il n’était pas médecin et qu’il ne pouvait pas le savoir. Mais enfin, si la neurotoxicité du glyphosate est avérée, cela signifie justement qu’il n’ya pas besoin d’être médecin pour le savoir. Si c’est un fait avéré !

Après, il y a un auditeur qui a demandé au ministre comment il pouvait avoir un discours d’interdiction du Glyphosate à horizon 2022 tout en ayant signé l’accord du CETA. Cet accord qui permet à des multinationales comme Monsanto de porter plainte contre les états qui signeraient des lois qui vont à l’encontre du libre exercice de leur commerce. En gros, si on interdit le glyphosate, avec l’accord sur le CETA, Monsanto peut demander des dommages et intérêt parce qu’on l’empêche de faire du commerce !! Au secours, mais c’est quoi ce délire ? Comment pouvons-nous avoir une telle incohérence ? Le ministre lui a répondu que pour interdire le glyphosate c’était une question de droit et d’écologie (écologie je suis plus très sûre). Mais attends, quand il parle du droit ? Il parle bien des plaintes que ces multinationales portent contre les états et qui demandent des dommages et intérêts à l’état parce qu’ils ne peuvent plus exercer leur commerce tranquillement. Cela signifie que pour interdire les Round Up, il faut demander à Monsanto sil ils sont d’accord !

Alors, peut-être que nous on devrait porter plainte contre l’état pour empoisonnement des terres. Meurtre contre l’humanité des abeilles, et mise en danger de la vie des citoyens. Nous sommes une multinationale, nous les citoyens, on pourrait peut-être faire ça !
Il y a quelque chose que certains n’ont peut-être pas encore tout à fait compris, c’est que maintenant nous sommes de plus en plus à savoir ce qu’on met dans nos assiettes. Que nous devenons tous des consomm’acteurs et que la prise de conscience est réelle.

Réactions naïves

Comment est-il possible d’être capable de briser la carrière d’un grand producteur de cinéma en quelques jours alors qu’il est impossible de condamner une entreprise aussi néfaste pour notre santé et notre environnement ? Je ne comprends pas ce monde à 2 vitesses. D’un côté les salauds qu’on peut stopper, de l’autre les salauds intouchables.

N’hésitez pas à commenter et à m’apporter votre éclairage bienveillant sur ces sujets qui me dépassent tellement mais qui m’interpellent. Je suis consciente que cet article aurait mérité que je m’informe plus, que je m’interroge vraiment et en profondeur sur toutes ces questions si importantes. Mais aujourd’hui, je fais un premier pas en réagissant.

Belle journée, soyez heureux !

 

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